Les papillons bleu
Les papillons I De toutes les belles choses Qui nous manquent en hiver, Qu'aimez-vous mieux ? - Moi, les roses ; - Moi, l'aspect d'un beau pré vert ; - Moi, la moisson blondissante, Chevelure des sillons ; - Moi, le rossignol qui chante ; - Et moi, les beaux papillons ! Le papillon, fleur sans tige, Qui voltige, Que l'on cueille en un réseau ; Dans la nature infinie, Harmonie Entre la plante et l'oiseau !... Quand revient l'été superbe, Je m'en vais au bois tout seul : Je m'étends dans la grande herbe, Perdu dans ce vert linceul. Sur ma tête renversée, Là, chacun d'eux à son tour, Passe comme une pensée De poésie ou d'amour ! Voici le papillon "faune", Noir et jaune ; Voici le "mars" azuré, Agitant des étincelles Sur ses ailes D'un velours riche et moiré. Voici le "vulcain" rapide, Qui vole comme un oiseau : Son aile noire et splendide Porte un grand ruban ponceau. Dieux ! le "soufré", dans l'espace, Comme un éclair a relui... Mais le joyeux "nacré" passe, Et je ne vois plus que lui ! II Comme un éventail de soie, Il déploie Son manteau semé d'argent ; Et sa robe bigarrée Est dorée D'un or verdâtre et changeant. |